En conversation avec Souhela Ferrah

5 février 2019

Comment est née votre marque ?
Souhela Ferrah / Après avoir été mannequin lingerie pendant plusieurs années, j’ai décidé en 2017 de lancer ma marque, par passion. La plupart des femmes dépensent de l’argent pour des vêtements visibles mais ce n’est pas forcément pour moi la meilleure façon de se faire plaisir. Personnellement, je me suis toujours sentie bien avec une belle lingerie : ce petit quelque chose qui m’appartient. Avec de la belle lingerie, qu’elle se voie ou non, je sais que je vais passer une bonne journée. J’ai habité Paris pendant cinq ans ; assise à la terrasse des cafés, j’aimais constater l’incroyable élégance de ces femmes qui révélaient la
dentelle de leur soutien-gorge avec simplicité. Pour moi la silhouette d’une femme moderne est dans la simplicité et ne s’inscrit pas dans une époque. Intemporelle, elle est agrémentée d’une belle lingerie qu’elle
montre avec un jeu de transparence révélateur et le sens du détail. C’est là l’esprit de ma marque : tout est dans le détail, au centimètre près.

Made to be layered… c’est toujours votre positionnement ?
S.F. / Au delà de mon positionnement layering, je crée des modèles pour donner ce sentiment de beauté et cette sensation de bien-être aux femmes. J’adore la lingerie et la mode, j’ai donc voulu faire quelque chose entre les deux ; malgré l’offre existante, il manquait selon moi quelque chose de plus luxueux à une silhouette faite de superpositions. J’essaie d’innover pour agrémenter des modèles voués à être révélés
et pas seulement destinés à ne remplir que leur fonction première, basique. Je recouvre les élastiques de tissus pour qu’ils puissent se montrer en beauté. Mes culottes sont encore très simples mais les soutiens-gorge sont très recherchés, élaborés. On peut les porter avec une chemise transparente ou simplement ouverte sur le décolleté. L’idée est d’apporter une touche de raffinement à un look très simple. La lingerie a ce pouvoir d’accessoirisation sophistiquée.

Peut-on dire que vous faites une lingerie PAP ? « Prête-à-montrer » ?
S.F. / Proposer différents bonnets ne correspondait pas à mon petit budget, j’ai donc choisi les tailles du prêt-à-porter : XS/S/M/L.
Je travaille avec une personne experte dans la conversion des tailles et je n’ai pour l’instant eu que des bons retours à ce niveau-là. Ma production est volontairement limitée à un certain nombre de pièces pour rester une marque inédite tant par son offre que le luxe de ses produits. La soie reste un tissu incontournable, indémodable et qui confère à mes pièces une dimension intemporelle. Le coton organique se veut aussi éco-responsable : j’utilise des tissus faits à la main dans de petites usines. J’ai commencé aussi à colorer mes tissus avec des pigments naturels. Parallèlement, je développe beaucoup les bodys parmi lesquels mon body-shirt qui se présente comme un top : une chemise en soie avec des petits boutons en nacre. C’est très pur, très classe. Très parisien. À porter avec un jean, une belle jupe, ouvert sur un joli soutien-gorge. C’est assez emblématique de ma marque : luxueux mais abordable.

Quel est votre objectif sur le Salon international de la lingerie ?
S.F. / Je suis tellement contente d’avoir été sélectionnée sur l’espace Exposed. Depuis un an, je fais tout toute seule depuis Bali et ce n’est pas simple. C’est même très difficile de faire grandir sa marque derrière son ordinateur quand on n’est pas une pro du marketing. Et puis ma lingerie n’est pas un produit qui s’achète sur Internet. La lingerie est pour moi toute une expérience liée au toucher, je ne pourrais pas en acheter en ligne sans l’avoir vue au préalable en magasin. Exposer sur le Salon de la Lingerie me donne l’opportunité d’encourager les boutiques à distribuer ma marque, sachant que l’idée n’est pas d’être dans le plus grand nombre mais d’aller vers des boutiques de qualité. Il s’agit de faire grandir ma marque, raisonnablement.

Restez au courant des actualités du salon et du marché

Inscrivez-vous à la newsletter

Je suis