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L’heure du bilan pour les exposants…

26 juillet 2019

Interfilière Paris a reçu des acheteurs plus professionnels que jamais. « Je suis impressionné par la très grande qualité des visiteurs. Les grandes marques de la lingerie et du balnéaire sont là. Elles savent exactement ce qu’elles veulent, à commencer par les qualités écoresponsables, tout comme les jeunes marques créatives très présentes aussi », s’enthousiasme Flavio Dias, directeur export de Lemar, qui exposait pour la seconde fois au salon. « Il n’y a pas autant d’acheteurs que dans les années passées mais il y a les bons acheteurs », résume Raffaele Bianci chez Taiana. Sur un marché de la lingerie et du balnéaire compliqué et de plus en plus tendu, les exposants ont reçu en grande majorité des clients fidèles venus découvrir les nouveautés, et les nouveautés seulement, au détriment des basiques des collections restés dans les tiroirs. « Nos clients sont incroyablement ouverts aux nouveautés telles que nos Supreme Green Cotton. Ils savent que le marché sera difficile et qu’une offre différente, tournée vers le développement durable par exemple, peut les sauver », assure Tanjia Schultes, directrice marketing chez Feinjersey.

 

 

Cet intérêt pour les produits innovants et différenciants a ravi les exposants qui ont pu recevoir leurs clients lors de rendez-vous de plus en plus longs et animés. « Il y a beaucoup de questionnement. Nos clients voient les choses évoluer, ils s’interrogent, cherchent de nouveaux positionnements, ils se demandent vers où aller à long terme. En attendant, leur intérêt pour le développement durable ne se dément pas », affirme Magali Anne, responsable des ventes France chez Boselli. La durée de ces échanges a fortement marqué le salon, rythmé par une fréquentation par à-coups ressentie différemment sur les stands : un samedi matin très animé dès les premières heures du salon suivi d’un après-midi très studieux, puis un dimanche matin calme précédant un après-midi en dents de scie. « On craignait le 1er jour mais finalement le samedi a été très correct avec la venue de tous nos clients réguliers. Le secteur de la lingerie souffre énormément. Des mutations sont en train de s’opérer. Les produits ont évolué. La lingerie devient un accessoire de mode, le sport débarque sur ce marché… nos corsetiers souffrent et ne semblent pas pour l’instant savoir où aller », confie Philippe Peyraverney chez Jabouley.

Au soir du second jour, le bilan était donc déjà très partagé dans tous les secteurs, dentelles, tissus, broderies, accessoires, sourcing et designers. Les exposants très satisfaits comme Inter-Spitzen ne cachaient pas leur joie : « Nous ne sommes nullement inquiets même si l’impression générale tend à dire qu’il y a moins de monde. Cela nous laisse plus de temps pour travailler avec nos clients qui sont venus sur rendez-vous. Les deux premiers jours sont excellents pour nous, le salon se passe très bien. Nos clients sont très concernés par le développement durable et réclament des broderies en fils 100% recyclés sur tous les supports, tulles ou satins », explique Stéfanie Graf, responsable des ventes à l’international. Même constat chez Liberty Tex : « Nos clients ne se plaignent pas tant que ça même si on sait pertinemment que le marché est difficile pour eux. Ils cherchent des articles nouveaux et différents comme nos qualités écoresponsables en fils recyclés, et nos broderies avec des touchers et des effets particuliers », précise Bobby Chen, PDG de l’entreprise. L’engouement pour le développement durable a été particulièrement fort chez Iluna dont le stand n’a pas désempli. « Il y a 5 ans on a surpris tout le monde avec notre collection Green Label réalisé à partir de fils bios de chez Fulgar et de fils Roica Eco-Smart™. Aujourd’hui tout le monde veut ces dentelles jacquardtronic certifiées GRS, ultra douces, très graphiques, en bandes ou en all-over. C’est un succès sans précédent », se félicite Federica Tersch Annovazzi. Logiquement récompensé par le titre de Créateur de l’Année,  D2P Billon a conquis des clients venus nombreux avec sa collection « développement durable ». « Nous avons clairement deux types de clients : les grandes marques qui se doivent de répondre aux attentes des consommatrices et décident de mettre tel pourcentage de produits « bios » dans leur offre, et les jeunes marques qui ne veulent que du biosourcé pour une collection 100% responsable », détaille Xavier Minsac.

 

 

L’ambiance a été très bonne dans le secteur des accessoires. Les clients ont là aussi cherché à valoriser et différencier leur offre par une accessoirisation personnalisée et responsable. Chez Fildan Accessories par exemple, anneaux, fermetures, boucles en plastique recyclé de la collection Green Accessories ont connu un vrai succès. Chez Santoul, les clients ont opté pour des accessoires customisables en termes de couleurs avec de nouvelles teintes « canon de fusil » ou de formes avec des boucles de réglage ovales par exemple ou mieux encore signés du nom de l’entreprise avec des moules spéciaux pour pièces injectées. « Je suis frappé de voir nos clients venir avec autant d’idées nouvelles à développer. Il y a 3 ou 4 ans, ils étaient si découragés qu’ils n’avaient envie de rien, si ce n’est des accessoires basiques rassurants », constate Franck Martin, directeur des ventes chez Santoul.

Très visible au cœur du salon, l’espace Designer mis en valeur par la présence de nombreux nouveaux talents, en particulier français, a été très animé. La plupart des designers ont pu faire découvrir leurs planches à de nouveaux clients. Là aussi certains stands n’ont pas désempli, comme Atelier Natanski, la fédération française du design textile et surface La Trame, Maison Le Callennec, Musticstyle, Gibson Design studio et Bernini studio ou encore Robert Vernet.

 

Juste à côté, les spécialistes de la confection et du sourcing, se félicitaient de l’intérêt des visiteurs. Pour sa première participation, le turc Rota Tekstil se félicitait du nombre de contacts enregistrés (Etats-Unis, Australie, Liban). « Nous sommes très satisfaits. Ces contacts sont autant intéressés par la fabrication de leurs propres modèles que l’achat de nos produits finis de notre collection Aytug Socks en coton bio, bambou, Lyocell et Modal », se réjouit Saim Alikaya. Très content aussi, le portugais Gulbena Texteis venu rejoindre Interfilière Paris, a rencontré de nombreux clients désireux de lancer leurs marques. « Sans compter tous ceux qui fabriquent actuellement en Asie et veulent à nouveau relocaliser leur fabrication en Europe pour profiter d’une fabrication de qualité, et d’un sous-traitant réactif et flexible », souligne Helena Garcia, directrice commerciale de Gulbena Texteis.

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