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Quelles sont les solutions “smart normal” dans le durable ? Bio sourcing & Bio mimétisme.

18 juin 2020

Depuis quelques semaines, on observe une créativité inattendue dans la société et les industries, qui souhaitent s’adapter à la situation pour se rendre plus agile dans la durabilité et trouver l’équilibre du “New Normal”.

Dans la continuité de notre enquête pour Interfilière Paris, je vous propose l’approche du sourcing “Smart Normal” où les procédés intelligents de production et la raison d’être du produit, respectent le fonctionnement naturel de l’écosystème et de la biodiversité, afin d’éviter le gaspillage et proposer la matière la plus vertueuse. Ces notions sont celles de l’innovation frugale, (concept récemment relevé par les projectivistes & forecaster) qui pourraient se traduire par une création de vêtements et de sous-vêtements hybrides, aux multiples usages qui incarneront surtout le principe du faire mieux avec moins.

« L’innovation frugale est une nouvelle façon d’innover en étant flexible et en apprenant à réparer les choses d’une manière simple … c’est le processus de réduction de la complexité et du coût d’un bien et de sa production…”

Cécile Poignant, source

Pour la suite de ce cycle sur le sourcing durable et clairvoyant, nous allons parler du Bio-sourcing & du Biomimétisme pour l’éco-conception, qui sont la preuve vivante que nature & innovation sont concordantes et que la science peut accompagner la mode dans son renouveau post covid.

 

LE BIOSOURCING

Le Bio-sourcing est la rencontre de l’innovation et de la biologie, mettant les biotechnologies au service de la création de matière première pour la mode et le textile. Cela concerne des sources naturelles et biodégradables, qui sont converties en matières dites “propres” ou bien développées grâce à la bio-fabrication en laboratoire.

La bio-fabrication exploite les micro-organismes vivants (levures, protéines, algues, bactéries) et les transforme en cellules qui prolifèrent et forment une substance textile (fibres, fils, tissu, biopolymer). Puis celle-ci peut être travaillée en matière cellulosique. Méthode répandue dans la recherche médicale et dans l’impression 3D, en mode, c’est Suzanne Lee qui la première utilise la bio-fabrication lorsqu’elle conçoit la recette BioCouture : “l’art de faire pousser des vêtements.” La grande qualité du biosourcé est que les fils sont biodégradables en composteur (industriel ou ménager) et répondent donc au souci majeur de la fin de vie. D’un autre coté, bien que révolutionnaire pour sa technicité, le bio-sourcing peut paraitre encore expérimental et réservé à une élite.

 

Comment amener cette technique au niveau industriel ?

Coté fournisseur, parmi les exemples probants, citons les sociétés Orange Fiber, ou  Circular system  qui a élaboré la technique Agraloop. Leur systèmes innovants donne une seconde vie aux déchets agricoles (agrumes pour Orange fiber et écorce de cannes à sucre, feuilles d’ananas, graine de chanvre pour Circular system) en les régénérant en matière éco-responsable de type cellulosique. Ainsi, l’un offre des jerseys alternatifs à la soie et l’autre des Coton|Spandex, Tencel ou base polyesters recyclés. Initialement, plutôt destinée à du prêt-à-porter, cette solution est adaptable aux secteurs du loungewear, activewear et homeleisure.

Coté filateur, le procédé mis au point par le groupe de recherche Franco-belge Composens pourrait bien bouleverser l’univers des bio-polymers. En effet, leur travail pour le développement de matériaux bio-composites légers et recyclables, polymère-bois ou polymère-fibres végétales (Chanvre & lin) à faible impact environnemental, a pour priorités de créer un matériau performant et durable rapidement transférable au niveau industriel. Pour le moment conçu pour les secteurs du transport, construction et sport, cette innovation sera présentée à l’Automne 2020. Parmi les applications au secteur textile plus large, on pourrait imaginer que cette technologie apporte une solution au mélange des fibres recyclées trop courtes ou alors que cette gaine bio-polymer résistante,  abrite un fil de polyester recyclé ce qui pourrait limiter le rejet de micro plastic à l’abrasion…

BIOMIMÉTISME

Selon CEEBIOS, (centre d’étude et d’expertise en bio-mimétisme) le bio-mimétisme est défini comme l’art de s’inspirer du vivant de manière éthique et durable. Les matières dites Bio-mimétiques font souvent partie de la famille des bio-sourcées et ont un fort potentiel pour la fonction (dé-perlant, cicatrisant…) pour le cycle de vie car biodégradable et répondent souvent aux enjeux écologiques modernes (gestion des déchets, sobriété énergétique…)

Que cela soit inspiré de la faune, de la flore ou du corps humain,  le bio-mimétisme apporte à la conception technique du fil, puis du tissu un angle d’approche, d’esthétique et de fonction inédit. Quelques exemples concrets et disponibles :

Bolt Thread dont le slogan est : ” Inspiré par la nature et mis au point pour notre futur“ est une proposition d’alternative végétale à la soie et au cuir.  Microsilk est un fil de “soie” élaboré à partir des protéines présentes dans les fils d’araignée et utilisé depuis plusieurs saisons dans les collections Adidas et Stella Mc Cartney. Il conserve les propriétés de la soie (flexibilité, thermorégulation et douceur), sans processus cruel pour les animaux et avec un faible impact environnemental car biodégradable.

Celliant, est une matière bio-inspirée qui utilise la lumière infrarouge naturellement produite par le corps humain pour apporter des propriétés novatrices à une fibre de viscose végétale qui devient une alternative aux fibres synthétiques. La viscose Celliant est 100% biodégradable, certifiée FSC® ou PEFC ™. Ces performances font d’elle une matière thermorégulatrice,  avec un séchage rapide, qui régule le sommeil et qui aide la circulation sanguine. Particulièrement adapté au textile médical, Celliant et aussi très utilisé par les marques d’active wear et loungewear (Lunya | Rhone | Under Armour)

Un dernier exemple stupéfiant parmi les marques, est celui du du T-shirt de Vollevak en algue et plante 100 % biodegradables. Enfin, pour en savoir plus sur le biomimétisme l’Institut des futurs souhaitables propose une formation pour appliquer ce concept à l’éco-conception et la RSE.

En conclusion, le bio-sourcing et les bio technologies sont un levier fort de développement durable et performant, ainsi qu’un axe de valorisation des déchets naturels. Elles apportent de nouvelles questions sur la fabrication ainsi que la propriété industrielle, qui est souvent détournée grâce aux recettes disponibles en open source. (ex:Biocouture). Souvent utilisés dans l’industrie du sport et de l’activewear, les matériaux bio-sourcés disponibles pourraient bien accompagner la demande croissante de tissu antibactériens et rassurant du moment.

Pour continuer votre quête du fournisseur exposant Interfillière idéal, vous pouvez consulter la liste sur interfillere Paris. Dans le prochain volet sur les outils de sourcing innovants, nous nous plongerons dans les solutions flexibles et digitales disponibles pour les marques.

 

Ref quotes:

” Frugal innovation is a new way to innovate by being flexible and learning how to fix things in an simple way… the process of reducing the complexity and cost of a good and its production, for instance by removing nonessential features”  – Cecile Poignant, Source Linkedin

 

Aude Penouty
Entada Textile

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