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Quelles sont les sources durables dans le textile ? Biologique et Recyclée

19 mai 2020

La crise globale du Covid-19 a bousculé les mentalités du consommateur et pousse la profession à accentuer le message de la transparence comme signe d’intégrité et de bonne pratique. Cette crise a aussi renforcé le besoin de rassurance et de protection au travers du produit textile, en particulier dans la lingerie et l’athleisure. Ces valeurs deviennent alors les valeurs soeur du consommateur et passent en premier lieu par la qualité et la provenance de la matière première.

Cette direction se confirme dans les prévisions du rapport Mc Kinsey, sorti début Mai: “Les acteurs de la mode doivent revoir leur combinaison d’approvisionnement pour mieux équilibrer les risques, les coûts et la flexibilité de l’offre … la durabilité sociale et environnementale devient un standard, dans la projection du ” new normal”! [1]

Fort de ce constat, nous entamons avec Interfilière Paris, ce nouveau cycle d’articles où nous allons aborder les solutions concernant les différents types de matières premières durables selon leur famille : biologique, recyclée, biosourcé,  biomimétisme.

 

Les sources biologiques au sens du durable :

Les matières biologiques sont les plus écologiques, (sous réserve de ne pas traverser la planète pour être filées, tissées, assemblées..) car elles sont cultivées et transformées sans produits chimiques, sans perturber l’écosystème, sans épuiser les sols et en préservant la santé des agriculteurs-trices, puis certifiées “biologique”. Les fibres naturelles qui répondent le mieux à ces exigences sont le coton, lin, ramie, soie… Par ailleurs, la culture biologique appuie les valeurs de l’agriculture régénérative qui permet de contribuer à augmenter la biodiversité. Il existe ainsi des programmes dédiés au développement du coton biologique pour l’industrie textile, qui incluent des paramètres sociaux, c’est le cas du projet Cotton 2040, du forum for the future. [2] On trouve des dentelles en coton biologique chez Antik Dantel, des mailles chez Fein Jersey et de la lingerie coton et soie biologique chez Occidente par exemple.

De plus, les matières biologiques peuvent aussi être locale, c’est le cas du Lin français et de la campagne LINportant qui promeut la relocalisation de la fabrication de produit maille en Lin biologique, cultivés en France. Enfin pour être considérée comme biologique, une fibre doit être labélisée et certifiée biologique par un organisme certificateur tiers (par ex GOTS pour le coton, qui garantie 70/90 % de fibre d’origine biologique ou BCI).

 

Les sources recyclées:

Pour aller plus loin dans l’approche durable, il est intéressant de réfléchir aux capacités de recyclage des matières, y compris des fibres biologiques. Le recyclage permet de redonner de la valeur à un produit déjà fabriqué. Pour cela,  dans la transformation d’une matière existante, il faut penser aux étapes de désassemblage et/ou de séparation des fibres. En effet, les fibres mélangées sont difficiles à traiter et génèrent beaucoup de déchets. Alors que lorsqu’il s’agit de recyclage d’une fibre textile de la même origine (100% coton bio par exemple), le point crucial pour la qualité de la future matière, est la longueur de la fibre qui peut être recyclée. Parfois trop courte, elle doit être filée à une autre fibre vierge souvent synthétique. Et c’est pour ces raisons que les matières recyclées, sont habituellement non recyclables. Pour le recyclage d’un produit textile en fin de vie, il faut séparer le textile des accessoires (fils, boutons…) La start up Resortecs et son fil pensé pour la thermo dissolution sera peut être une solution pour augmenter la circularité et réduire le gaspillage.

Autour de la circularité, on trouve aussi la possibilité de recycler d’autres types de matériaux en nouveau fil. C’est le cas du fil Econyl ou de l’initiative Seaqual qui offrent des nylons fabriqués à base de PET ou de filet de pêche en fin de vie. Les denteliers Tessitura Colombo, Jeana ou Illuna group et les fabricants de maille Gulbena ou Innova, proposent déjà des références avec ces fils.

Des alternatives à la soie produites à partir de matières cellulosiques sont aussi une solution issue du circulaire, on peut citer les matières Ecovero (Lenzig), la technologie Naia de Eastman et la dernière innovation de Lenzing ” le tencel refibraqui s’engage à contenir au moins 50% de coton recyclé “pré & post consumer”.

Enfin, saluons la start up française “Fairbrics”, lauréate du prix 2020 du Global Change Award de H&M pour son innovation Airwear, qui révolutionne le procédé de fabrication industriel en proposant d’utiliser du Co2 comme matière première dans la fabrication de tissu synthétique vierge.

 

En conclusion, on sait que la matière idéale n’existe pas et que procéder par approche systémique est quasiment indispensable. Le consommateur final est de plus en plus informé, sensible au sujet du “green-washing” et attend des marques une responsabilité élargie… Les solutions industrielles ont besoin de plus de demande de la part des marques pour gagner en traction et ainsi chaque acteur peut aider la filière dans la recherche et le développement.

 

Notre prochain poste se penchera sur les solutions du bio-sourcing et du bio mimétisme, restez connectés on vous approvisionne d’innovations.

 

Aude Penouty
Entada Textile 

 

 

[1] Mc Kinsey report Time for change

[2] Cotton 2040, forum for the future

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